Louis et ses questions
Hier soir, nous ramenions nos petits-enfants chez eux en voiture.
Pendant le trajet qui dure environ une demi-heure, nous écoutons l’auto-radio. Chacun a sa playlist musicale.
Tout a commencé par une dispute entre Laura et Louis pour savoir quelle playlist nous allions écouter. L’un disait qu’il n’avait pas encore écouté tous ses morceaux et l’autre rétorquait que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas écouté les siens.
Christian, a tranché disant on n’écoutera rien et a éteint l’autoradio.
Le silence s’est installé dans l’auto.
Pas pour longtemps car Louis ( 8 ans) a l’art de meubler le silence.
Il commence par demander :
- Mamy, si un jour tu te réveilles aveugle, qu’est-ce que tu feras ?
Louis a toujours des questions…
Je réponds : Et bien comme je n’aurais pas le choix, je m’adapterai.
Louis : et si tu es aveugle et sourde ?
Là je rentre dans de grandes explications selon lesquelles lorsque nous perdons l’usage d’un sens, nous développons les autres.
Louis ajoute : mais si tu te réveilles aveugle, sourde et muette ?
Il y va fort le bougre !
Je réponds que ça devient compliqué et me voilà partie sur la théorie que si l’on nait avec un handicap, on ne doit pas le vivre de la même façon que si on le subit après avoir connu autre chose. Mais je n’en sais rien en fait.
Une question taraudait Louis : quand on est muet, on peut manger ?
Je le rassure à ce sujet mais il poursuit en s’inquiétant sur le fait de comment survit-on quand on ne peut plus manger ?
Je lui explique qu’on a alors besoin d’une assistance médicale avec des perfusions pour être soft mais Laura ajoute on fait un trou dans le ventre avec un tuyau qui va directement dans l’estomac.
Louis revient à ses moutons : et si tu es aveugle, sourde et muette comment tu communiques avec les autres ?
Laura parle du braille et explique qu’on se sert de ses doigts pour sentir des petits points en relief qui correspondent à une écriture.
Mais Louis ne lâche pas l’affaire : et si tu n’as pas de bras ?
Et là, je réponds : ben, puisque j’ai mes jambes, je cours.
Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu ça.
Ça commence à ricaner derrière.
Je m’attendais à ce qu’il me dise et si tu n’as pas de jambes ?
Mais non, il me dit : mais comme tu n’y vois rien tu ne vois pas où tu vas ?
Je réponds : je demande qu’on me mette dans une pièce aux murs capitonnés et je cours.
Et en disant ça je ne peux m’empêcher de visualiser la scène.
Gros éclat de rire à l’arrière…
Alors je dis : si jamais ça vous arrive un jour, vous ferez moins les malins.
il va au bout des choses ;-)
RépondreSupprimerC'est le moins qu'on puisse dire...
SupprimerQuel dialogue surréaliste !
RépondreSupprimerLes enfants sont merveilleux pour nous pousser dans nos retranchements.
Et comme le Petit Prince, ils ne renoncent jamais à une question une fois qu'ils l'ont posée...
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