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Les téléphones du vent

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Il y a quelques années, sur la place Foch d'Ajaccio devant la mairie, se dressait une insolite cabine téléphonique rouge anglaise dans laquelle on ne pouvait pas téléphoner. Lorsqu'on décrochait le combiné, on entendait un étrange enregistrement de voix lointaines. Il s'agissait de l'oeuvre d'un artiste plasticien corse Elie Cristiani, édifiée dans le cadre de la célébration du troisième millénaire. Il l'avait appelée De l'autre côté car elle était le pendant d'une autre cabine estampillée France Télécom installée dans le centre de Wellington en Nouvelle-Zélande. Il se disait que ce que l'on entendait dans le combiné d'Ajaccio était le son du quotidien, de la nature et des voix de Wellington et, inversement, ce qu'on entendait à Wellington était le son d'Ajaccio. Au fil du temps, la cabine d'Ajaccio a été endommagée et enlevée un jour pour maintenance.  Elle n'est plus jamais réapparue. Après des recherches, j'ai découvert que...

Un ange

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  Il est des chansons qui nous émeuvent on ne sait dire exactement pourquoi.  Parfois ce sont des paroles qui font écho à nos vies ou le timbre d’une voix ou une musique…  Et puis, il y en a d’autres qui ont une histoire et celles-ci font plus que nous émouvoir. Elles nous remuent les tripes… Il était un temps où j’appelais ma soeur presque tous les jours. Nous passions beaucoup de temps au téléphone à parler de tout et de rien, à nous confier, à dire des bêtises, à rire… J’aimais ces moments d’échange avec elle, cette complicité. Sans même que je m’en aperçoive, ils m’étaient devenus indispensables. Je pensais que c’était réciproque… Un jour, nous parlions de son fils Paul qui est un garçon adorable que j’apprécie beaucoup au point que nous l’avions invité à partir avec nous en vacances ce qu’il avait accepté volontiers.   Je disais donc que nous parlions de lui avec ma soeur et à un moment donné j’ai dit Paul est un ange ce qui a touché ma soeur. Quelques temps plu...

Chaleur

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Il ne se passe pas une journée sans que je n'entende parler de la chaleur. Il est vrai qu'elle est particulièrement accablante et interminable. Je repense alors à mon enfance à Marrakech et me demande comment faisions-nous pour survivre sans climatisation à des températures qui pouvaient atteindre 45 à 48°.  Je ne voulais pas spécialement évoquer mon enfance mais voilà que j'y suis. Nous avions des ventilateurs et, histoire d'humidifier l'air, ma mère posait au sol des serviettes éponges trempées qui séchaient en quelques instants.  Je ne sais pas si tout cela était efficace mais nous ne savions plus que faire. Les voisins nous invitaient parfois à nous baigner dans leur piscine qui était en fait un bassin d’irrigation pour leur potager.    Aux heures les plus chaudes de la journée, la sieste devenait nécessaire et même obligatoire. Nous étions, les trois enfants, répartis dans différentes pièces de la maison afin de permettre aux parents de se reposer. Ma soeur dan...

LP

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Vous arrive-t-il parfois de rechercher désespérément le nom d’un chanteur ou d’une chanteuse pour réécouter un morceau entendu dans le passé ?   Moi, cela m’arrive souvent.   Depuis deux jours je cherchais désespérément sur le net une chanteuse à la voix singulière qu’on entendait beaucoup à la radio au début des années 2000.   Je n’étais même pas sûre des dates. Les seuls indices que je possédais étaient qu’elle était américaine avec des origines italiennes, qu’elle se présentait sous ses initiales et qu’elle avait un look garçon manqué. Puis le prénom Laura s’est imposé.   Dans mes recherches je tapai Laura L… Rien Laura M…Non plus Quand je suis arrivée à Laura P, eurêka, c’était ça !

Pourquoi un blog ?

Je me pose souvent question sur ce qui m’a poussée à créer un blog.   J’ai toujours aimé écrire sur des bouts de papiers sans vraiment tenir un journal intime. Puis j’ai eu connaissance des ateliers d’écriture. Je m’y suis inscrite et, lorsque j’y ai envoyé mon premier texte après une très longue hésitation, j’ai eu l’impression de me jeter toute nue dans une eau glacée. Puis ont suivi les commentaires toujours bienveillants qui m’ont donné confiance en moi, chose qui me manquait beaucoup. J’y ai pris goût. J’y ai fait de belles rencontres virtuelles ou réelles très enrichissantes. J’ai eu l’impression d’avancer, de m’améliorer surtout en tenant compte des commentaires négatifs, les plus importants, les plus constructifs.   Puis j’ai découvert les blogs. Je me suis baladée longtemps de blog en blog avant de me décider à en créer un moi-même.   Pourquoi ai-je tant de plaisir à partager des choses banales, des futilités, des petits riens qui font ce que je suis, qui me cons...

Jazz

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Quand j’avais fini ma journée à la crèche dans le brouhaha, les cris des enfants et la pression permanente, je sortais du bâtiment et prenais le temps de  respirer un bon coup .   Puis, d’un pas léger, le petit vent dans les cheveux, je rejoignais ma voiture sur le parking. Une clio baccarat qui avait vingt ans, achetée dans l’urgence à bas prix et qui m’a bien dépannée pendant à peu près deux ans. À l’époque où elle a été créée, c’était la voiture de luxe de madame : sellerie en cuir et boiserie sur le tableau de bord. Un petit luxe auquel je ne m’attendais pas mais que j’ai apprécié. Je l’aimais bien ma petite clio. Elle sentait bon. Le seul ennui c’est que l’auto-radio ne captait correctement que TSF Jazz, les autres stations étaient inaudibles. Je n’étais pas spécialement amatrice de jazz mais, finalement, contre toute attente, j’ai fini par l’aimer. Dans ces radios spécialisées très souvent les morceaux sont enregistrés sur une bande qui passe en boucle. J’entendais toujo...

American beauty

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Que nous reste-il des films que nous avons vus autrefois ?   Généralement quelques bribes et rarement l’intégralité de l’histoire. American Beauty, je me souviens l’avoir vu à Lyon à sa sortie.   L’histoire d’une famille américaine moyenne avec un père despotique, ancien militaire.   Il m’est resté le souvenir du fils, ado filmant tout et n’importe quoi de la fenêtre de sa chambre avec un caméscope. Aujourd’hui il tiendrait certainement un blog et partagerait ses vidéos faites avec son smartphone. Mais tout cela n’existait pas à l’époque. La scène qui m’a marquée est celle du sac en plastique qui virevolte au gré du vent dans un coin de trottoir pendant de longues minutes sur une musique de Thomas Newman.   Une scène fascinante, envoutante.   Il fallait oser la tourner… Pourquoi cette scène m’interpelle ?   Parce qu’elle symbolise la recherche de la beauté dans l'ordinaire, dans des petits riens. Un moment de grâce si nous prenons le temps de le regarder. I...