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Tranche de vie

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J’ignore pourquoi je me souviens précisément de ce moment de mon enfance ni pourquoi j’ai envie de le raconter. Au moment où je l’écris, je ne sais pas encore si je le partagerai car je suis persuadée qu’il n’intéressera personne.   Je devais avoir 6 ans et j’avais été prise d’une forte fièvre qui ne passait pas.   Ma mère avait appelé le docteur Philippe qui s’était déplacé dans notre bled perdu. D’habitude nous nous rendions à son cabinet en ville au guéliz de Marrakech mais cette fois-ci je devais vraiment être mal pour qu’on le fasse venir.   Je l’avais trouvé moins impressionnant en civil qu’en blouse blanche boutonnée jusqu’au cou.   Le docteur Philippe sortit de sa grande sacoche en cuir la boite en acier inoxydable dans laquelle il rangeait ses instruments. Avec sa lampe frontale, tel un spéléologue, il ausculta ma gorge. Puis à l’aide de son otoscope le fond de mes oreilles. Il pointa sa lampe de poche sur mes pupilles. Donna un petit coup de marteau sur mes...

LP

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Vous arrive-t-il parfois de rechercher désespérément le nom d’un chanteur ou d’une chanteuse pour réécouter un morceau entendu dans le passé ?   Moi, cela m’arrive souvent.   Depuis deux jours je cherchais désespérément sur le net une chanteuse à la voix singulière qu’on entendait beaucoup à la radio au début des années 2000.   Je n’étais même pas sûre des dates. Les seuls indices que je possédais étaient qu’elle était américaine avec des origines italiennes, qu’elle se présentait sous ses initiales et qu’elle avait un look garçon manqué. Puis le prénom Laura s’est imposé.   Dans mes recherches je tapai Laura L… Rien Laura M…Non plus Quand je suis arrivée à Laura P, eurêka, c’était ça !

Pourquoi un blog ?

Je me pose souvent question sur ce qui m’a poussée à créer un blog.   J’ai toujours aimé écrire sur des bouts de papiers sans vraiment tenir un journal intime. Puis j’ai eu connaissance des ateliers d’écriture. Je m’y suis inscrite et, lorsque j’y ai envoyé mon premier texte après une très longue hésitation, j’ai eu l’impression de me jeter toute nue dans une eau glacée. Puis ont suivi les commentaires toujours bienveillants qui m’ont donné confiance en moi, chose qui me manquait beaucoup. J’y ai pris goût. J’y ai fait de belles rencontres virtuelles ou réelles très enrichissantes. J’ai eu l’impression d’avancer, de m’améliorer surtout en tenant compte des commentaires négatifs, les plus importants, les plus constructifs.   Puis j’ai découvert les blogs. Je me suis baladée longtemps de blog en blog avant de me décider à en créer un moi-même.   Pourquoi ai-je tant de plaisir à partager des choses banales, des futilités, des petits riens qui font ce que je suis, qui me cons...

Jazz

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Quand j’avais fini ma journée à la crèche dans le brouhaha, les cris des enfants et la pression permanente, je sortais du bâtiment et prenais le temps de  respirer un bon coup .   Puis, d’un pas léger, le petit vent dans les cheveux, je rejoignais ma voiture sur le parking. Une clio baccarat qui avait vingt ans, achetée dans l’urgence à bas prix et qui m’a bien dépannée pendant à peu près deux ans. À l’époque où elle a été créée, c’était la voiture de luxe de madame : sellerie en cuir et boiserie sur le tableau de bord. Un petit luxe auquel je ne m’attendais pas mais que j’ai apprécié. Je l’aimais bien ma petite clio. Elle sentait bon. Le seul ennui c’est que l’auto-radio ne captait correctement que TSF Jazz, les autres stations étaient inaudibles. Je n’étais pas spécialement amatrice de jazz mais, finalement, contre toute attente, j’ai fini par l’aimer. Dans ces radios spécialisées très souvent les morceaux sont enregistrés sur une bande qui passe en boucle. J’entendais toujo...

American beauty

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Que nous reste-il des films que nous avons vus autrefois ?   Généralement quelques bribes et rarement l’intégralité de l’histoire. American Beauty, je me souviens l’avoir vu à Lyon à sa sortie.   L’histoire d’une famille américaine moyenne avec un père despotique, ancien militaire.   Il m’est resté le souvenir du fils, ado filmant tout et n’importe quoi de la fenêtre de sa chambre avec un caméscope. Aujourd’hui il tiendrait certainement un blog et partagerait ses vidéos faites avec son smartphone. Mais tout cela n’existait pas à l’époque. La scène qui m’a marquée est celle du sac en plastique qui virevolte au gré du vent dans un coin de trottoir pendant de longues minutes sur une musique de Thomas Newman.   Une scène fascinante, envoutante.   Il fallait oser la tourner… Pourquoi cette scène m’interpelle ?   Parce qu’elle symbolise la recherche de la beauté dans l'ordinaire, dans des petits riens. Un moment de grâce si nous prenons le temps de le regarder. I...

Les napperons

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Ce matin, j’avais aquagym. Garée sur le parking, j’attendais l’heure d’ouverture de la piscine en écoutant sur France Inter cet amusant billet de François Morel. Brusquement me sont alors revenus en mémoire les napperons de ma mère. À l’époque c’était très à la mode, il y en avait dans tous les intérieurs des bonnes ménagères. Chaque bibelot était posé sur un napperon sensé protéger le meuble. Ces napperons étaient de véritables oeuvres d’art que ma mère réalisait au crochet avec du fil de coton écru. Des sortes de toiles d’araignée qu’elle tissait point par point quand elle ne tricotait pas ou ne s’énervait pas devant sa machine à coudre. Chez toutes mes tantes, on trouvait aussi ce style de napperon.   Petite fille, je n’ai jamais vu les femmes de la famille les mains inoccupées. Elles trimbalaient toujours partout avec elles un sac à ouvrage.   Et puis, peu à peu, ma mère a dû s’en lasser et les napperons ont disparu.   Elle disait comme dans le billet de François More...

Petite leçon de vie

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Une jolie chansonnette qui tourne dans ma tête...