Dentiste

Ce matin j’avais dentiste. Je déteste ça. Le cabinet est à dix minutes de chez moi donc je m’y rends à pied. Dans la mesure du possible, je m’arrange pour avoir tout à proximité pour éviter de prendre la voiture car il faut savoir qu’à Ajaccio il est très difficile voire impossible de se garer. De plus, en cherchant un dentiste au plus près de chez moi je suis tombée sur une praticienne qui fait bien son travail et qui a un matériel de pointe. Que demander de mieux ? Un peu moins de stress de ma part… Enfin bon, je ne vais pas me refaire.


J’arrive donc dans la salle d’attente où sont assises deux dames et oh miracle elles n’ont pas leur téléphones à la main, ce qui est très rare de nos jours. Je dis bonjour, m’assois et laisse mon regard vagabonder. Je retrouve la déco sobre et zen avec les trois tableaux évocateurs de paradis, les couleurs tendres des sièges et RFM en sourdine qui diffuse des musiques des années 80.





La dame en face de moi a une magnifique chevelure bouclée poivre et sel et des bagues en or presqu’à tous ses doigts. Celle qui est à côté de moi est bien brune mais plus difficile à détailler de par sa place. 


L’heure de mon rendez-vous est déjà passée et je suis toujours là à attendre. La porte s’ouvre et c’est la praticienne blonde (la mienne est brune, elles sont deux soeurs exerçant dans ce cabinet). Elle appelle la dame aux cheveux poivre et sel. 


Me retrouvant seule avec ma voisine brune, je lui demande avec qui elle a son rendez-vous et elle me répond Anne (la mienne) à 9h50, je passerai donc avant elle. Nous nous mettons à bavarder. Je remarque que souvent personne ne se parle quand il y a plus de deux personnes dans une salle d’attente alors qu’à deux oui. 


Un homme avec un blouson de moto et un casque entre et va s’assoir vers la fenêtre. Il ne prend pas son téléphone. C’est extraordinaire.

 

Je détaille les trois tableaux en face de moi et me demande si ce sont des photos ou des peintures. Des trois c’est celui de droite que je préfère avec le combi, la planche sur le toit, la mer et le palmier derrière. Quoique celui du milieu soit assez spectaculaire avec cette vague immense. Il me semble percevoir un minuscule surfeur vers le centre mais je n’en suis pas sûre. 






Une jeune fille entre dans la salle, elle a déjà son téléphone à la main et des écouteurs sans fil dans les oreilles. Je me disais aussi… 


C’est mon tour ! Courage ! Je m’installe sur le siège de torture. La praticienne brune me pose une serviette en papier sur la poitrine, elle actionne la pédale pour remplir le gobelet d’eau, elle incline le dossier. 


  • Alors, dit-elle après avoir exploré ma bouche, on a une petite carie à gauche et on fera un petit détartrage. 


Elle me dit ça sur un ton interrogatif comme si elle me demandait la permission et, comme j’ai la bouche ouverte et le machin qui aspire la salive coincé dedans je ne peux que faire « han han » avec ma gorge. 


Je n’en mène pas large. J’ai remarqué que quand je suis stressée, j’ai tendance à croiser mes doigts. J’ai mes deux mains posées sur mon ventre avec les doigts bien imbriqués les uns dans les autres. C’est un peu comme si je me donnais la main pour m’accompagner. 


La dentiste me dis détendez-vous bien, concentrez-vous sur votre respiration et ne pensez qu’à ça. Comment sait-elle que je suis en apnée ?


Voila la roulette sifflante que je déteste. Je pense à ma respiration, j’essaye de détendre mes mains, je ferme les yeux. Aie aie aie ! Ça fait mal !


Quand elle dit rincez-vous la bouche, ouf je me détends. 


Puis elle dit « Je poserai l’amalgame après, on va d’abord faire le détartrage, enfin si vous êtes d’accord ? » 


Je réponds à nouveau « han han » du fond de ma gorge et je pense très fort « finissons-en le plus vite possible ».


C’est parti pour le détartrage. J’ai l’impression que l’on glisse une aiguille entre chacune de mes dents alors qu’en fait son outil est à ultra-son.


Rinçage à nouveau et soin de la carie. Tout cela ne fait pas mal. Amalgame, résine composite, lampe bleue pour finaliser et c’est terminé ! Ouf !


"Au revoir ! À l’année prochaine » dit-elle. 


Ouais, si je n’ai pas de carie on attendra un peu ma chère.  


De nouveau dans la rue, je me sens légère comme une plume, contente d’avoir affronté mes démons et soulagée que ce soit passé. 

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