Être femme

Je suis née fille. J’ai pas choisi. 


Contre le désir de ma mère. Cheveux coupés et jeux dehors.


Je n’étais pas la fée mais le prince. 


Comment devenir femme ? 


Le vivre au quotidien. Accepter les regards, parfois les subir.  Chercher un style. Être conforme. 


Puis m’habituer. Mais au fond manquer de confiance. 


M’engaillardir sans me faire d’illusion. 


Voir mon reflet dans le regard des hommes. Me désespérer d’en être réduite qu’à cela. Être convoitée, reluquée, désirée. 


Sentir mon corps sacralisé. Devenir déesse. Toute puissante. Magnifique.


En être fière sans avoir peur. Sans peur des hommes. 


Puis devenir mère. S’oublier. Donner. Ne faire que donner. Oublier d’exister. 


Et puis le temps…  Les cheveux gris, l’allure ralentie…


Libérée du corps. J’avance sans lui. Retour à moi. 


Femme sans le vouloir mais l’assumer. 










Commentaires

  1. Ah, toi aussi, "contre le désir de ta mère"? La mienne se serait contentée d'avoir un fils.
    Mais j'ai toujours aimé être femme!

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    1. J'ai constaté que nous étions nombreux(ses) à ne pas avoir correspondu aux attentes de nos mères. Cela ne t'a pas empêché d'aimer être femme et je m'en réjouis ! Ambre Neige est un si joli nom si féminin ! (j'ai réalisé tardivement que Myrte était masculin alors que j'étais persuadée du contraire)

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  2. Très beau texte qui résonne en moi.. Merci

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    1. Merci beaucoup Avalon d'avoir lu mon article et comme tu dis qu'il résonne en toi, je suis allée chez toi lire "Mon histoire mérite mieux que ça". J'en ai été secouée. Avec beaucoup de pudeur car tu ne rentres pas dans les détails, tu livres un texte bouleversant. Je l'ai lu un peu comme une bouteille à la mer. Des mots posés parce qu'ils devaient sortir, c'était une nécessité. Une bousculade de mots touchants.

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    2. Merci à toi de m'avoir lue

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  3. Je suis né garçon et je suis l'avant dernier d'une famille de huit enfants ; cinq filles trois garçons. Nous sommes tous nés dans la ferme familiale. Il n'y avait pas d’échographie qui aurait pu déterminer le sexe. Lorsque je suis né, mes parents attendaient une fille. Le prénom était déjà choisi. Je devais m’appeler Marie-France. J'en parle ici clic . Je me suis toujours senti "garçon" et il faut aussi, beaucoup de temps pour devenir "homme". Pour ce qui est de la référence musicale, j'aime beaucoup celle-ci ♫♫♫

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    1. Encore un qui a contrarié ses parents ! Mon mari aussi était la fille que ses parents attendaient et il devait s'appeler Isabelle. Ce qui est terrible, c'est que sa mère le présentait en disant "et voila Isabelle!" J'ose espérer qu'elle plaisantait...
      Jolie chanson de Florent Pagny.

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  4. Je ne sais pas si j'ai été désiré en tant que garçon ou fille.
    Je n'ai jamais eu de problème quand à mon identité de genre "assigné" (c'est totalement réac de dire ça hein !), et je ne comprends guère ceux qui en changent ou veulent en changer. Car changer l'apparence ne modifie que très partiellement la biologie.
    En particulier, les filles qui veulent devenir mec, je peux pas m'empêcher de penser qu'elles veulent changer pour quelque chose de moins bien !
    Et je me dis que si j'avais été fille, j'aurais sans doute été bien dans mon corps de meuf !

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    1. Je n'aurais moi non plus jamais pu changer d'identité de genre. Lorsque ma mère me disait enfant qu'elle aurait préféré avoir un garçon à ma place, je compatissais et essayais d'imaginer (sans y parvenir)ce qu'elle avait pu éprouver. Je me voyais donc "en trop" entre ma soeur aînée et mon petit frère mais jamais je n'ai remis en question le fait d'être fille. C'est, après coup, que j'ai repensé à cette coupe de cheveux très courte qu'elle m'imposait et à mon aversion pour les signes extérieurs de féminité très "fille-fille". Est-ce un pur hasard ? Dans mon texte j'ai essayé d'exprimer ce que j'ai ressenti au fond de moi pendant ma période adolescente. Peut-être que c'est banal pour une fille en formation. En tout cas je suis bien aujourd'hui dans mon corps de femme.

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  5. De mon côté, je ne sais pas si mes parents désiraient une fille ou un garçon, je crois que c'était bien que je sois une fille, plus facile ensuite "à caser". Je ne sais pas si j'étais désirée ou non, je suis née alors que mon père traversait une mauvaise période (dépression, difficulté au travail), et enfant, je me faisais la plus discrète possible, d'ailleurs j'ai mis longtemps ensuite dans ma vie d'adulte à trouver ma place.
    Bon week-end du 1er mai, Myrte.

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  6. De nombreux éléments font que nous pouvons mettre longtemps à trouver notre place dans la vie d'adulte. Parfois c'est notre place dans la fratrie mais encore plein d'autres choses. Moi je me suis sentie vraiment à ma place quand je suis entrée dans la vie active auprès des enfants. Merci Françoise pour ton témoignage.

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  7. On ne naît pas femme, on le devient, comme disait Simone.
    Et rien n'est jamais acquis, souvenons-nous en...
    Beau texte, Myrte. Très beau texte. Pas du tout maladroit.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Merci Célestine pour ton appréciation. J'ai essayé d'écrire ce texte avec mes tripes sans me préoccuper du style.

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  8. Je suis né garçon avec trois soeurs.
    Ce n'est pas une sinécure d'autant que ma mère voulait un fils.
    D'émotion elle m'a mis en pension chez des cinglés (les Frères Maristes) et d'une certaine façon ça m'a sauvé la vie.
    J'ai apprid sur le tas comment devenir athée avec de bons arguments, j'ai évité la plus grande partie des discours de ma mère expliquant "mes filles, vous aurez des maris pour vous entretenir et éduquer vos enfants, votre frère fera des études car il devra entretenir sa femme et ses enfants !"
    Le bilan était maigre, en plus je suis tombé raide dingue d'une fille féministe !
    Ma mère l'a haïe dès le départ...

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    1. Ce sont des idées d'un autre temps, d'une autre génération... Heureusement que le féminisme a fait évoluer ça !

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  9. J'ai dû glisser lors de mon précédent commentaire ce matin... Je voulais juste dire que je n'ai jamais extrapolé la difficulté d'être une femme. Peut-être à cause de ma propre difficulté à être un homme, voire un humain.

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    1. Oui il n'est pas toujours facile d'être soi... Merci Jiru pour ta visite.

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