Ma génération

Si toi aussi tu es né après la seconde guerre mondiale avec des parents traumatisés qui en parlaient tout le temps.

 

Si toi  aussi tu es né dans la paix entre cette génération dite silencieuse et la génération X.


Si toi aussi tu es né pendant les trente glorieuses, l’âge d’or, la société de loisirs et de consommation. Dans une famille qui possédait une automobile, un lave-linge, un réfrigérateur, un téléphone accroché au mur, un transistor, la télé en noir et blanc.


Si tu as vu l’apparition des centres commerciaux.

Si tu t’es fait vacciner à l’école. 

Si tes parents disaient « un blue jean »

Si tu as connu mai 68, les hippies, Woodstock, la chute du mur de Berlin, les restos du coeur, le sida, le mariage pour tous.


Si tes parents disaient que tu écoutais des musiques de zazous.


Si tu as connu les bons points, les cabines téléphoniques, les diapos, les nouveaux francs, la vignette, les premiers pas sur la Lune, les vinyles, les mange-disque, les mini-cassettes, le magnétoscopes et les cassettes vidéo, le minitel, le fax, les CD, le rubik cube, l’arrivée de la pilule, le MLF.


Si tu demandes des conseils en informatique à tes enfants mais que tu recouds leur bouton…


Si tu sais retrouver ta route sur une carte sans GPS…


Alors nous sommes de la même génération.


Celle où 


On n’avait pas peur des autres

On n’était pas chacun dans son coin

Tous tes problèmes étaient les nôtres…


On prenait la main sans virtuel

On s’disait qu’on s’aimait sans logiciel


On avait nos codes et nos parfums

On avait de rêves grands chacun

Ce même désir d’être les premiers

Meilleurs que les anciens on rêvait

Révolté et soulevé corps et âme…


… Certains s’en vont

Est-ce que tu danses encore

Quel temps fait-il 

As-tu peur de la mort ?


N’attends pas 

Qu’on change encore d’accords

T’en fais pas ça ira


Tant qu’il y aura ton corps contre mon corps…


Souviens-toi ma génération Ma fidèle ma génération

Un peu rebelle ma génération… la plus belle








Commentaires

  1. Ben oui, j'ai un peu connu tout cela. Et même des choses « encore avant », quand il n'y avait pas encore de poste transistor. Et la télé en noir et blanc, et en 819 lignes ! On était les seuls à l'avoir dans la rue où on habitait. Des voisins venaient voir « les informations télévisées » chez nous. Et généralement vers 22 heures, la télé c'était terminé !
    Et puis la bouteille de lait tous les jours à l'école, sous Mendès France : une horreur en ce qui me concerne ! J'ai toujours détesté le lait. À vomir !
    Pour la musique, les Beatles, ma mère disait : — qu'est-ce que c'est que cette musique de sauvages !

    Mais il y eut aussi la guerre d'Algérie, les attentats, l'OAS, la peur au ventre parfois. Un ami de mon père a retrouvé le cadavre d'un Algérien assassiné dans son coffre de voiture…
    quelle histoire cela fit dans la presse locale ! L'ami en question a multiplié des ennuis avec la police… j'étais gosse, mais je comprenais… et j'avais peur… et si ça arrivait à papa ?

    Enfin bref… comme toujours et partout… le meilleur comme le pire…

    Et j'aime beaucoup ton évocation… avec toute ta sensibilité qui affleure.
    Et puis ce sentiment, parfois, que tout ça devait se passer il y a plusieurs siècles ? Non ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Alain, il y a plusieurs siècles, dans une autre vie... La télé, tout le monde l'avait sauf nous car mon père n'en voulait pas, ça l'agaçait prodigieusement lorsque nous étions invités et que nous mangions la tête tournée vers l'écran... Il a fini par accepter d'en avoir une à condition de ne jamais la regarder en mangeant (ça tombait bien nous mangions dans la cuisine et elle était au salon). Je n'ai pas connu le lait obligatoire à l'école au Maroc (tant mieux car il me faisait vomir aussi). Le Maroc a été une terre d'accueil pour les réfugiés de la guerre d'Algérie et nous en côtoyions mais je ne comprenais pas grand chose à tout cela.

      Supprimer
  2. Étant de soixante-trois, j'ai pris le train en marche : la télé noir et blanc a été introduite dans la salle à manger, mais personne ne devait parler pendant qu'elle était allumée... Les patins à mettre sous les semelles quand le carrelage était ciré... On se lavait chacun son tour dans la cuisine, le soir, avec une bassine dans l'évier... On se chauffait parfois avec de l’alcool à brûler dans une casserole posée au centre de la cuisine... Quand le poêle à mazout est apparu, on devait aller chercher le mazout dans le garage, le soir, avec un arrosoir...
    Par contre ni la chanson d'Obispo, ni les paroles ne me touchent... Pourquoi ne suis-je pas étonné ?
    Merci de ton partage, même si je ne suis pas de ta génération. Douce soirée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Joli florilège de souvenirs, Myrte.
      A un ou deux ans près, on a tous l'âge d'Obispo...mais moi, ce sont mes enfants qui me demandent des conseils en informatique...C'est ma grande fierté...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Jiru : nous n'avons pas la même sensibilité et c'est ce qui fait la diversité...

      Célestine : tu peux être fière, tu as donc toutes les qualités !

      Supprimer
  3. Eh bien, nous sommes de la même génération. Toile cirée, bouteilles consignées, meubles en formica, celle où la vie était plus légère, plus porteuse d'espérance en dépit de la Guerre froide ( ou grâce à elle pour certains !), de la guerre du Vietnam et (déjà) du conflit israélo-palestinien mais elles étaient moins présentes et les sociétés semblaient plus apaisées. Les réseaux sociaux n'existant pas, les drames des sociétés étaient peut-être moins présents dans nos vies et nous étions moins susceptibles de prendre en pleine tronche la haine, la colère et les frustrations anonymes de nos contemporains.
    Peut-être aussi que nous nous posions moins de questions.... Sur l'écologie en particulier. Une autre époque. Mais cette époque était déjà une autre époque pour ceux d'avant et pareillement nous sommes appelés à être une autre époque pour ceux qui suivent.
    Je lisais dans ces années là un magazine de BD (son nom m'échappe) d'anticipation (mais pas que) dans lequel il y avait des voitures qui roulaient sans chauffeur, d'autres qui étaient volantes .... Vraiment n'importe quoi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai le sentiment aussi que la vie était plus légère. Peut-être parce que nous étions plus jeunes mais aussi moins informés, moins matraqués par les nouvelles et nos réseaux sociaux étaient ceux que nous tissions dans notre entourage. Nous n'avions pas non plus notion du mal que l'être humain faisait à la planète.
      Quant à la génération suivante, mon fils ainé né en 79, a bien conscience que nous avons vécu une période bénie dans les années 80 dont il a la nostalgie en voyant comme les mentalités ont changé.

      Supprimer
  4. Je fais partie de cette génération des "boomers". Avec une légère différence...
    Je suis né dans le département du Cantal. Dans les années 1960/1970, le Cantal était carrément sous-développé. Dans mon village, nous vivions quasiment en autarcie. Il en était de même un peu partout.
    Mes parents ne parlaient jamais de la guerre. Les petites stèles, ici ou là, parlaient d'elles-mêmes...
    L'année de ma naissance fut l'année de la télévision, avec deux chaines. D'après ma maman, ça valait le prix d'une vache (assez chère).
    Mai 68, je me souviens que ma maman tenait un stock de sucre, qu'elle reconstitua. Ils en avaient tellement manqué...
    Pas de lave-linge, pas de réfrigérateur, pas de téléphone : une cabine publique dans l'épicerie du village, et un téléphone qui n'était pas "automatique". C'était le temps du 22 à Asniéres...
    Pas d'eau courante au robinet à l'intérieur des maisons. L'adduction d'eau fut réalisée en 1972, J'avais 7 ans. j'en parle ici clic
    Après cette date, le "progrès" fit son entrée dans les maisons. Lave-linge et réfrigérateur en premier. Le superflu, jamais.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends cette impression de différence que tu as éprouvée dans ton village du Cantal car j'ai ressenti la même chose en arrivant à Lyon du Maroc. La télé je ne l'ai vue que tardivement dans la famille. J'ai connu la glacière en bois avec des pains de glace avant le réfrigérateur et la lessive à la main avant le lave-linge. En revanche le téléphone était toujours là, accroché au mur car mon père devait pouvoir être joint à toute heure de la nuit. C'est joli ce que tu écris sur l'eau. Au Maroc aussi elle était précieuse.

      Supprimer
  5. J'en suis ... tout ça, oui ...

    RépondreSupprimer
  6. Si j ai connu tout ce que tu as cité, il y avait également la semaine des 4 jeudi ..... Qu il n y a qu à ceux de mon grand âge que ça doit parler 😊

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui ! Une expression qui était bien utilisée !
      Merci JP pour ta venue ici !

      Supprimer
  7. Expression qui a perdu toute son sens en 1972 .... J avais oublié cette date .... Ma mémoire me jouait des tours et je pensais que c était bien plus ancien.... Merci Google

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. À l'école française de Marrakech, la coupure hebdomadaire était le vendredi (jour de la prière des musulmans), pas vraiment au milieu de la semaine... Puis j'ai connu celle du jeudi à Lyon et enfin le mercredi. C'est avec les enfants et maintenant les petits-enfants qu'elle a pris un autre sens (jour de garde pour nous les grands-parents).

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Mes amours et moi

Fin d'année

Être femme