Chaleur

Il ne se passe pas une journée sans que je n'entende parler de la chaleur. Il est vrai qu'elle est particulièrement accablante et interminable.

Je repense alors à mon enfance à Marrakech et me demande comment faisions-nous pour survivre sans climatisation à des températures qui pouvaient atteindre 45 à 48°. 

Je ne voulais pas spécialement évoquer mon enfance mais voilà que j'y suis.


Nous avions des ventilateurs et, histoire d'humidifier l'air, ma mère posait au sol des serviettes éponges trempées qui séchaient en quelques instants. Je ne sais pas si tout cela était efficace mais nous ne savions plus que faire.


Les voisins nous invitaient parfois à nous baigner dans leur piscine qui était en fait un bassin d’irrigation pour leur potager. 

 

Aux heures les plus chaudes de la journée, la sieste devenait nécessaire et même obligatoire. Nous étions, les trois enfants, répartis dans différentes pièces de la maison afin de permettre aux parents de se reposer. Ma soeur dans sa chambre, mon petit frère avec ma mère et moi avec mon père. J’étais sur une couverture pliée à même le carrelage. Je ne dormais jamais mais lisais ou jouais avec ma poupée. Ces siestes me paraissaient interminables et j’attendais avec impatience que le soleil décline pour aller faire du vélo dehors.

Mais le soir et même la nuit, l'air restait irrespirable. Parfois un petit vent brûlant arrivait du désert, le chergui, et ma mère disait il tombe du feu !


Si bien que lorsqu'arrivait le jour du départ en vacances à Bouznika, la veille mon père garait la 403 devant la porte d’entrée pour charger le coffre et nous nous levions au petit matin avant même le jour pour profiter de la fraîcheur. Le manque de sommeil en ajoutait à l’euphorie d'être tirés du lit à cette heure inhabituelle. Ma mère gardait mon frère dans ses bras, ma soeur s’allongeait sur la banquette arrière et moi je tenais tout juste couchée dans la longueur du petit espace de la lunette arrière, ma place préférée. Le nez collé à la vitre, j'admirais les étoiles. 


À l’époque il n’y avait ni siège-auto ni ceintures de sécurité. Tout était permis.


Quelques kilomètres plus loin, dans la plaine de Ben Guerir, sous nos yeux ébahis, le soleil apparaissait tel une grosse orange surgissant de l’horizon. Nous assistions à la naissance d'un nouveau matin. 


Parfois nous croisions une voiture à laquelle nous adressions de la main des coucous joyeux comme si nous étions les seuls êtres vivants sur terre.


Au bout d’un voyage qui nous paraissait interminable, soudain, le premier qui la voyait s'écriait la mer !


Elle apparaissait au lointain telle une ligne bleue, plus bleue que le ciel. 





Commentaires

  1. C'est vrai, ça ! Moi, c'était Alger et aussi l'Espagne.

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    1. Maintenant il fait aussi chaud dans le nord de la France !

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  2. Ces souvenirs de départ en vacances m ont toujours délicieusement poursuivis moi aussi .... Le contexte n était certes pas le même car nous n étions pas écrasés comme dans ton cas par la chaleur ... Mais j'adorais ces départs souvent entre 4 et 5 heures du matin.... Mon pere chargeait la 4 chevaux la veille, tout était entassé dans le coffre sur la galerie sur la banquette arrière, chaque espace était bien utilisé et moi , j étais seul, j avais ma petite place bien calé .... On partait toujours sur la côte atlantique et pour trois semaines de camping, j ai ce souvenir du jour qui se levait, du petit déjeuné avec des croissants que l ont prenait toujours aux environs de Brive la Gaillarde, de cette impatience folle d' arriver, et ce bonheur réel au premier détour de route où l on apercevait enfin la mer .... Je ne faisait , a l époque, pas de différence entre la mer et l océan .... Il n y avait pas de clim, et il faisait chaud, il n y avait pas d'autoroute et c'était long mais ces bonheurs d enfance restent bien ancrés aux tréfonds de nos mémoires ......

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    1. Je visualise bien la scène de la 4CV bondée ! En fait je dis la mer mais il s'agissait aussi d'océan sur la côte atlantique du Maroc.

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  3. Et maintenant encore j adore partir très tôt quand je fais un long trajet, c'est comme un peu un retour en enfance.... (pourtant y a du boulot 😉 !!!)

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  4. Mon enfance dans mon Cantal n'étaient pas sous le signe de la chaleur. Bien sûr, il y faisait chaud l'été, mais il fallait toujours garder à portée de main un pull, une veste. Les nuits y étaient fraîches, très fraîches. Literie avec couvertures en laine obligatoire. Il pouvait y avoir encore de la neige en mai, et elle pouvait tout aussi bien revenir dès le mois d'octobre. Autant dire que les canicules n'avaient pas le temps de s'installer. Je n'ai pas les mêmes souvenirs que toi, Nina ou JP, car nous ne partions pas en vacances. L'été était synonyme de travail, de fenaisons qui n'avaient rien d'amusantes, un peu quand même. Il en était de même dans toutes les fermes. Toutefois, lorsque les gros travaux étaient terminés, la sieste était aussi la bienvenue. La baignade inexistante, la faute à l'eau glaciale des ruisseaux.

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    1. Je sais qu'il existe des zones plus fraîches par temps de canicule. Ici, il suffit d'aller en montagne et j'ai connu des vacances en Haute-Loire où nous ne quittions pas le pull. J'ai côtoyé des enfants de fermiers qui gardaient les chèvres pendant leurs vacances, c'est une autre vie.

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