Les téléphones du vent
Il y a quelques années, sur la place Foch d'Ajaccio devant la mairie, se dressait une insolite cabine téléphonique rouge anglaise dans laquelle on ne pouvait pas téléphoner. Lorsqu'on décrochait le combiné, on entendait un étrange enregistrement de voix lointaines. Il s'agissait de l'oeuvre d'un artiste plasticien corse Elie Cristiani, édifiée dans le cadre de la célébration du troisième millénaire. Il l'avait appelée De l'autre côté car elle était le pendant d'une autre cabine estampillée France Télécom installée dans le centre de Wellington en Nouvelle-Zélande. Il se disait que ce que l'on entendait dans le combiné d'Ajaccio était le son du quotidien, de la nature et des voix de Wellington et, inversement, ce qu'on entendait à Wellington était le son d'Ajaccio.
Au fil du temps, la cabine d'Ajaccio a été endommagée et enlevée un jour pour maintenance. Elle n'est plus jamais réapparue.
Après des recherches, j'ai découvert que le tout premier qui avait eu l'idée d'une telle cabine téléphonique était le japonais Itaru Sasaki.
Il en avait installé une dans un parc de Otsushi qu'il appela Le téléphone du vent 風の電話 (kaze no denwa).
Elle permettait de communiquer avec les morts. Un appel virtuel, forme de thérapie solitaire pour exprimer des émotions, évoquer des souvenirs, dire aux morts ce que l'on n'avait pu leur dire, aider à en faire le deuil.
Patrick Genaine, thérapeute genevois, avait accompagné un ami jusqu'à la fin de sa vie qui, lorsqu'il mourut, lui laissa une petite somme d'argent que Patrick utilisa en construisant une cabine téléphonique en Suisse sur le modèle du téléphone du vent. Son premier appel fut pour son ami afin de le remercier.
Je n'avais jamais entendu parler des téléphones du vent, et je trouve que c'est une très bonne idée. Entendre le son d'une autre contrée, ou mieux, parler avec un ami disparu, lui dire ce qu'on aurait voulu lui dire de son vivant, quelle riche idée, j'aime beaucoup.
RépondreSupprimerBonne soirée, Myrte.
Oui l'idée m'a plu aussi mais je n'aurais jamais pensé à faire cette recherche s'il n'y avait pas eu cette cabine à Ajaccio (qui n'y est plus d'ailleurs)
SupprimerElles étaient belles ces vieilles cabines.... C est d un autre temps
RépondreSupprimerEt oui JP, déjà des objets du passé...
SupprimerComme Françoise, je ne connaissais pas le téléphone du vent. Une ligne sans fil, reliée à l'au-delà, pour des derniers mots oubliés...
RépondreSupprimerCe téléphone du vent me fait penser que j'avais brouillonné quelque part un texte qu'il m'est impossible de retrouver. Je ne l'ai probablement pas gardé ; il ne devait pas être formidable.
Un texte à propos de quoi Xoulec ?
SupprimerEh oui, dans mon élan, je n'ai pas pensé à mentionner le sujet de mon texte perdu.
SupprimerUn texte qui traitait du téléphone, de l'unique cabine publique de mon village.
J'ai gardé le titre, si jamais je réécris : Gaston...
Je ne connaissais pas l'existence de ces cabines / téléphone du vent.
RépondreSupprimerJe trouve l'idée très belle, poétique et le nom ou le titre de ses œuvres me plaît beaucoup.
Moi aussi tout me plait.
SupprimerJe pense malheureusement pas que la jeunesse d aujourd'hui né avec internet ont la même visionque nous sur ce genre de d experiences..... D autant que ne donnerais pas cher de la durée de vie de ces cabines C est pourtant tellement fabuleux sur le principe
RépondreSupprimerDans les annees 90 les premiers test de liaisons haut débit étaient faites entre les nouvelles Zélande et le cnet de lannion avec des caméras de rues pour des échanges en direct et ça semblait tellement surréaliste à l époque
Oui tout ça parait si désuet face à la magie d'internet...
SupprimerÇa me plaît bien le concept de « téléphone du vent » pour communiquer avec les morts.
RépondreSupprimerEncore qu'il me semble qu'il n'y ait pas la nécessité d'un « objet transitionnel » sous quelque forme que ce soit pour cela. Il y a tant de gens, de tout temps, qui savent faire parler les morts et rapporter leurs propos à celles et ceux qui y croient !
Ça me rappelle l'époque de la mode des « voix fantôme », dans les années 1970, où on pouvait dialoguer avec les disparus par le biais des ondes courtes où les morts s'exprimaient sous forme des parasites qu'on entendait. Évidemment les charlatans étaient là pour tout traduire dans la langue de Molière, moyennant finances.
On devrait remettre ce truc au goût du jour, l'IA doit certainement nous permettre de faire la causette avec nos « chers disparus » qui ont sûrement des tas de trucs à nous raconter depuis le paradis où ils résident, entre Bételgueuse et Siwarha.
Paraît qu'Elon Musk prépare un vaisseau interplanétaire pour aller là-bas pour ramener les milliards de milliards d'êtres humains qui attendent le retour sur terre.
Ça va quand même faire bien des cadavres à nourrir… mais bon, ça pourrait relancer l'économie mondiale.
Mouais, bon, revenons à des propos poétiques qui nous sont offerts par la magie des merveilleux « téléphones du vent » !
c'est beaucoup plus chouette ! :-)
Tout ce commerce autour des disparus est assez hallucinant... Je préfère m'en tenir à la poésie des téléphones du vent qui existent gratuitement pour faire du bien aux gens...
SupprimerCe téléphone du vent - une idée surprenante et émouvante - pourrait faire l'objet d'un documentaire. C'est avec émotion que je me souviens des cabines téléphoniques, de leur intimité, et des multiples scènes que l'on a pu y vivre ou voir en observant les gens de l'extérieur.
RépondreSupprimerOui les cabines téléphoniques ont disparu peu à peu, certaines se sont transformées en réserve de livres partagés mais je crois qu'elles n'existent plus non plus. Merci pour ta visite chez moi.
SupprimerTu te souviens de mon billet « Mon petit soleil sur pattes » ? C'est là que je racontais que je vis le même drame que toi. Ça crée des liens...
RépondreSupprimerAlors je compatis, vraiment, de l'intérieur. :-)
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https://celestinetroussecotte.blogspot.com/2025/05/mon-petit-soleil-sur-pattes.html
RépondreSupprimerChère Célestine, je crois que ton commentaire s'adresse plutôt à l'article précédent Un ange où tu en avais d'ailleurs déjà envoyé un avec le lien pour le petit soleil sur pattes. Ce n'est pas très grave, je reçois toujours tes commentaires avec beaucoup de plaisir. J'avais trouvé ton article sur ta soeur très touchant, je m'en vais le relire...
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