Lyon

 Je suis née au Maroc. Nous vivions à Marrakech en dehors de la ville aux Entrepôts frigorifiques où mon père était mécanicien. La maison était au milieu d'un paysage aride, une palmeraie à perte de vue, qui donnait une impression de grande solitude. Cette impression ne m'affectait guère car je n'avais rien connu d'autre. 



La ville de Marrakech, à l'époque, c'était ça :



Autrement dit, lorsque nous avons quitté le Maroc pour venir vivre à Lyon, ce fut un choc, un dépaysement total.

Dans les années soixante, Lyon n'offrait pas l'image d'une belle ville lumineuse et colorée.

Elle donnait un sentiment de grande tristesse avec ses façades noircies, ses ruelles sombres et son brouillard.




Il me semblait avoir fait un bond dans le passé, à l'époque du Petit Chose d'Alphonse Daudet.

Nous habitions dans le quartier de Perrache, au premier étage d'un immeuble du début du siècle avec, au sol, un parquet de bois qui grinçait et dans les chambres, des cheminées en marbre. Les fenêtres donnaient sur une voie ferrées, la ligne Lyon- Saint-Etienne.




Je fis ma rentrée des classes en 6ème dans l'annexe du Lycée Juliette Récamier, rue Jarente où je me rendais à pied. Pour sortir du quartier, il fallait nécessairement passer sous la gare, par des voûtes interminables, mal éclairées, aux murs recouverts d'un carrelage sale, pas très rassurantes.



Les voûtes

La gare de Perrache



Puis je traversais la place Carnot jusqu'à la rue Jarente.

Je fis ensuite mes classes de quatrième et de troisième au lycée Juliette Récamier, une grande bâtisse moderne sans âme sur les quais du Rhône.



Pour mes classes de seconde, première et terminale, je dus aller au lycée Ampère avec le bus n° 8.




Pour acheter son ticket de bus ou montrer sa carte d'abonnement, il fallait passer devant la cabine du receveur.



Le lycée Ampère est très ancien (1519). Il fut d'abord un collège de Jésuites, puis d'oratoriens. 
Pour chaque cours, nous devions changer de classe en passant par des couloirs interminables, véritable labyrinthe dans lequel je me perdais inévitablement.













La nuit, dans mes pires cauchemars, je me perdais encore.

Il m'est arrivé récemment de rêver à nouveau aux couloirs  du lycée Ampère.




Aujourd'hui la ville de Lyon a bien changé. Lorsque j'y retourne, je m'émerveille devant  sa lumière et ses belles couleurs.



Lyon quais de Saône.















Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Devoir de Lakevio n° 200

La mésange